La représentation de l’adversaire dans la politique extérieure française depuis 1981

31 mars 2012 § Poster un commentaire

S’il est un domaine dans lequel la continuité a prévalu, depuis que l’alternance gouvernementale s’est instaurée en France, c’est bien celui de la politique extérieure. Après la volonté de rupture affirmée en 1981, notamment pour ce qui est des relations Nord-Sud, après l’idéalisme affiché, par exemple lors du premier salon du Bourget, à l’égard de la politique française de ventes d’armes (les avions présentés étaient désarmés), ce sont les grandes orientations antérieures de la politique extérieure qui se sont imposées à la gauche française, au nom d’une attitude de réalisme pragmatique. Si des divergences ont pu apparaître entre la gauche et la droite lors de la première cohabitation, en particulier au sujet de la stratégie de dissuasion nucléaire et de l’opportunité de déployer des « missiles à roulettes », la seconde coha­bitation, elle, a commencé sous le signe de la plus parfaite continuité.

Alors que l’opposition avait critiqué la politique suivie vis-à-vis de l’ex-Yougoslavie et des négociations du GATT, elle en a, une fois parvenue au pouvoir, maintenu les orientations. Certes, des désaccords de principe peuvent être repérés sur un certain nombre de points importants, comme le désarmement, par exemple. Mais ce qui aura dominé la décennie écoulée sera sans conteste ce fameux consensus français en matière de politique extérieure, si habituel désormais que l’on oublie qu’il n’a pas toujours existé : après tout, la conversion socialiste à la dissuasion nucléaire ne date que de 1977. Il aura fallu l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand pour qu’il s’impose complètement : plus gaullien que de Gaulle lui-même, F. Mitterrand s’est ainsi mué en garant suprême non seulement de la continuité de l’Etat français, mais de la permanence de son action internationale et de son message.

Au-delà des choix diplomatiques concrets, c’est l’affirmation d’une certaine conception du rôle de la France qui s’est imposée aux respon­sables politiques. C’est bien cette communauté de vue qui a permis que la cohabitation ne soit pas conflictuelle dans un domaine où le président de la République dispose de prérogatives particulières. Le pouvoir socia­liste n’a pas mis en œuvre une politique étrangère « de gauche ».

Ce constat, qui dans ses grandes lignes ne fait pas aujourd’hui l’objet de vraies contestations, a un certain nombre de conséquences qui, elles, méritent une discussion plus approfondie.

Suite : Texte complet (pdf)

/ MARISOL TOURAINE, LA REPRÉSENTATION DE L’ADVERSAIRE DANS LA POLITIQUE EXTÉRIEURE FRANÇAISE DEPUIS 1981

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsp_0035-2950_1993_num_43_5_394782#

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