Le monde autrement

16 mars 2012 § Poster un commentaire

En 1973, le cartographe allemand Arno Peters critiqua la projection de Mercator, en la stigmatisant pour surreprésenter les surfaces des pays riches au détriment des pays pauvres. Il propose alors une nouvelle projection en décalant les longitudes de 45 degrés vers le sud, tout en gardant les latitudes en place. Il obtint donc une projection qui maintient la proportion entre les surfaces sur la carte et les surfaces réelles.

Ce n’est pas une illusion, le continent africain est immense, et l’Amérique du Sud (17 840 000 km²) regagne l’importance que la carte Mercator lui fait perdre par rapport à l’Amérique du Nord (22 080 000 km²).

Cette carte devint un outil très apprécié des tiers-mondistes (devenus les altermondialistes) cherchant le rééquilibrage des inégalités entre les pays du monde. Elle offre une nouvelle lecture en démontrant que les pays du Sud ont un poids beaucoup plus important qu’on peut le penser sur notre planète. Au contraire de la projection Mercator, nous voici devant un exemple concret d’utilisation intentionnelle d’un type de représentation cartographique du monde à des fins politiques, et dans le sens d’un monde plus équitable.

 Il convient toutefois de nommer cette carte sous l’appellation Gall-Peters, car cette projection serait issue du mathématicien allemand Johann Lambert qui l’aurait présenté en 1972, puis développée par James Gall en 1855.

Par ailleurs cette carte n’est finalement pas plus juste, au sens de l’analyse cartographique, que la projection Mercator. Elle a l’inconvénient d’écraser les distances et les directions, de même que les surfaces perçues des pays en direction des pôles.  En somme le monde n’a pas cette forme là, il ne faut donc retenir que son message principal et donc la comparaison des surfaces réelles des continents.

/ 25 octobre 2007

http://derrierelescartes.over-blog.com/article-13323255.html

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