La guerre au nom de la démocratie

Sommaire :

  • Les intérêts des entreprises peuvent se cacher derrière les guerres locales et nationales.
  • Un gouvernement peut s’appuyer sur ses transnationales pour contrôler un Etat.
  • Les grandes puissances dites démocratiques soutiennent parfois militairement les dictatures auxquelles elles sont alliées.
  • Créer une fausse révolte populaire nationale peut permettre de cacher un coup d’Etat par un gouvernement étranger.
  • La guerre accroît les dépenses de l’Etat et les profits des entreprises.
  • La guerre extérieure vers un Etat étranger vise généralement des objectifs  géostratégiques
  • Financer chacun des deux camps offre l’opportunité de gagner à tous coups.
  • Les milices privées permettent notamment de faire la guerre par procuration.
  • Financer chacun des deux camps offre l’opportunité de gagner à tous coups.
  • Les accords de défense et la coopération militaire (officiels et cachés) limitent la transparence démocratique
  • Le financement des services secrets s’avère parfois illégal, même dans les Etats de droit.
  • Le secret de la raison d’Etat est  la boite de Pandore contre la transparence démocratique.
  • Les Etats dit démocratiques, pratiquent parfois la désinformation et leurs polices commettent aussi des assassinats.
  • « Retourner » les opposants ou les assassiner permet aux Etats de briser les contre-pouvoirs.
  • La manipulation mentale renforce la domination sur autrui ou sur la société.
  • Utiliser la dette des Etats donne l’occasion d’opprimer une population (dettes d’oppression).
  • Parfois les banques n’hésitent pas à financer illégalement la répression des populations et le soutien aux dictateurs

Titre original : « Le pouvoir militaro-industriel contre la démocratie »

>> Dossier réalisé par Thierry Brugvin, Sociologue <<

Le ministère de la défense est généralement le ministère de la guerre. Derrière les discours sur la sécurité nationale du pays, ou l’aide à la population d’une nation étrangère, ce sont généralement les intérêts de l’industrie nationale qui sont défendus.  Parallèlement à la lutte entre transnationales, se déroule une lutte entre Etats. Il s’agit de conflits déclarés (guerre) ou secrets (tels la guerre froide). Ce qui est en jeu, c’est le nationalisme, c’est à dire la volonté de puissance de Nietzsche[1], au plan psychologique, politique ou économique, des dirigeants politiques, économiques et parfois même des peuples. Par leurs actions diplomatiques, militaires, politiques, les élus politiques viennent ainsi appuyer le développement de l’industrie nationale. Ils recherchent, notamment, les moyens de capter au moindre prix les matières premières des pays en développement. Il existe différents mécanismes de nature souvent anti-démocratique, voir illégale, que nous allons tenter d’expliquer à présent.

Les intérêts des entreprises peuvent se cacher derrière les guerres locales et nationales. Officiellement, le départ pour la guerre contre une nation adverse est toujours légitimé par des mobiles vertueux, de hautes valeurs morales : la défense de la liberté, de la démocratie, de la justice. Mais derrière ces nobles motifs, les véritables motivations sont parfois moins claires.

Les guerres permettent de contrôler économiquement un pays afin de permettre aux entrepreneurs privés d’une nation de s’accaparer les richesses (pétrole, uranium, minerais…) ou humaines du pays, Le Chili aura été terrain d’expérimentation des théories libérales de Milton  Friedman consistant à mettre sous tutelle les pays producteurs de matière première (énergie, métaux, nourriture…) afin de garder la maîtrise de l’économie mondiale. Cela supposait de briser les gouvernements et l’économie de ce type de pays[2]. Ce pays, à aussi été l’occasion de mettre en pratique, « la stratégie du choc », imaginé par Milton Friedman et décrit par Naomi Klein.

La colonisation de l’Asie, de l’Amérique Latine et de l’Afrique sous le couvert d’apporter la civilisation visait d’abord cela. La traite négrière en Europe et en Amérique du Nord a servi cet objectif. La guerre des Etats-Unis contre l’Irak a permis à l’industrie pétrolière américaine de faire main basse sur les hydrocarbures du pays. Si la France s’est opposée à cette guerre, ce n’est pas seulement pour défendre l’Etat de droit, mais pour défendre les échanges privilégiés de ses industries avec l’Irak.

Ce fut le cas par exemple de la Guerre du Biafra, dans laquelle la France soutenait les rebelles afin de récupérer le pétrole pour ses transnationales (Elf)[3].

Derrière les conflits internes à une nation ou entre nations, il est rare qu’il n’y ait pas une quelconque influence d’un ou de plusieurs grandes puissances. En particulier, lorsqu’il s’agit des pays en développement (PED). Ne pas prendre en compte cette clé d’analyse, limite considérablement la compréhension du conflit en présence. Par exemple, le soutien de la France aux Hutus dans leur action de génocide envers les Tutsi[4] se comprend mieux lorsque l’on sait que les Tutsi étaient soutenus par les Etats-Unis notamment.

De 1945 jusqu’en 1989 (la chute du mur de Berlin) la guerre froide a été un des causes importantes des conflits. Une majorité des conflits nationaux (Burkina Faso, Angola, Chili, Bolivie…)  étaient renforcés, attisés ou créés par la lutte entre le camp occidental, contre le camp soviétique. Malgré le discours d’indépendance de la France envers les Etats-Unis, notre pays a soutenu régulièrement ce dernier, notamment en favorisant la diffusion de l’arme atomique au camp occidental (Israël, Afrique du Sud durant l’apartheid…)[5].

Le Partage amiable des zones d’influence fait aussi parti des instruments de contrôle. Durant, la guerre froide, un accord tacite entre les Etats-Unis et la France a permis à cette dernière d’exploiter et de contrôler l’Afrique francophone, tandis que les Etats Unis s’octroyaient l’Afrique anglophone et l’Amérique du Sud[6].

Un gouvernement peut s’appuyer sur ses transnationales pour contrôler un Etat. Les Etats utilisent aussi leurs entreprises (ou certaines ONG) pour asseoir leur influence. En fait, les transnationales et les Etats s’appuient souvent l’un et l’autre, dans le cadre d’un échange réciproque.

Elf-Total va tenter de contrôler les pays visés. Pour cela ces dirigeants vont entreprendre différentes actions illégales ou anti-démocratiques: corruption des dirigeants politiques, co-organisation de scrutins truqués, financement de polices politiques, de gardes dictatoriales… Dans le cadre la guerre froide, Elf-Total servira  au gouvernement, comme instrument pour éviter la propagation du communisme. Ainsi, des firmes françaises, telle Elf-Total chargée d’approvisionner la France en matières stratégiques, sont investies par les services secrets. De plus Elf-Total a aussi largement utilisé les services secrets et  le lobby militaire pour aboutir à ses fins[7].

Lorsque les dirigeants nationaux, tel Reagan, Bush, De Gaulle, Chirac, Mitterrand ou Sarkozy, disent parfois servir la défense de la grandeur nationale, c’est avant tout pour s’assurer à leur nation, un pouvoir d’influence dans les négociations internationales (diplomaties,  institutions internationales. La France a ainsi réussi à placer Pascal Lamy à la tête de l’OMC le 1er septembre 2005.

De même la promotion de la langue nationale (la francophonie) est utilisée comme un instrument hégémonique et commercial. En effet, plus une langue est parlée dans le monde, plus l’influence politique et commerciale du pays peut s’accroître.  Enfin, un des buts de la néo-colonisation est aussi de  conserver un cortège d’États clients (un réservoir de votes) permettant à la France d’occuper une position importante dans les institutions internationales, tel l’ONU.

Les grandes puissances dites démocratiques soutiennent parfois militairement les dictatures auxquelles elles sont alliées. Les républiques qui disent faire la promotion de la démocratie dans le monde, n’hésitent pas à appuyer les dictatures, lorsque leurs intérêts sont en jeu.  Pendant les huit ans du règne Habré, la France n’a pas cessé d’accroître son aide financière et militaire à un régime qui préférait investir toutes les ressources du pays dans des dépenses militaires inconsidérées, à l’encontre des besoins fondamentaux de la population, comme la santé ou l’éducation. L’armée et l’administration « d’Hissène Habré engloutissaient chacune en moyenne 200 à 250 millions par an d’aide française. L’armée française a enfoui ses possibles états d’âme face aux 40 000 personnes exécutées, 50 000 personnes emprisonnées et 200 000 personnes dépossédées de leurs biens pour cause d’opposition au régime d’Hissein Habré”[8].

 

Créer une fausse révolte populaire nationale peut permettre de cacher un coup d’Etat par un gouvernement étranger. En prenant l’aspect d’une rébellion classique, les mercenaires jettent le doute sur la légitimité de tel ou tel gouvernement et introduisent l’idée que le régime est précaire et n’a pas le soutien de toute la population et donc doit être condamné. Cela contraint donc le gouvernement à entrer en conflit et il devient alors l’agresseur aux yeux de la communauté internationale.

De nombreux, putschistes et mercenaires sont financés par un Etat ou une entreprise étrangère, afin de servir leurs intérêts. Ainsi si le coup d’Etat réussit, ces derniers seront proches d’un pouvoir qui servira leurs projets économiques ou politiques. Si le coup d’Etat échoue, compte tenu du fait qu’ils ne sont pas les acteurs de ce coup de force, ils ont peu de chance d’être inquiétés.

Lorsqu’un Etat A ne sert pas ou plus les intérêts des entreprises d’un Etat B, le gouvernement de ce dernier use parfois du coup d’Etat pour placer de nouveaux dirigeants au pouvoir, qui seront plus à même de servir leurs intérêts. Ce fut le cas, avec le gouvernement français qui décida de mener un coup d’Etat, via des rebelles locaux et / ou des mercenaires, notamment au Tchad, au Comores (avec Bob Denard),…

Là encore, l’Etat agresseur peut les utiliser sans être mis en cause, comme lors du coup d’Etat aux Comores en 1995 ou Bob Denard arrive avec 33 hommes pour monter à l’assaut du palais présidentiel de Saïd Djohar. L’Etat français intervient et arrête les mercenaires qui seront emprisonnés sauf Bob Denard, évacué par un appareil de l’armée française[9].

“La tentative de coup d’Etat contre le régime tchadien de Déby, le 13 avril 2006, aurait été contrecarrée par 1.300 soldats français stationnés dans le pays, craignant que le pouvoir ne soit transféré à des rebelles secrètement soutenus par le Soudan[10].

Le plus célèbre dirigeant des escadrons de la mort en Bolivie fut Klaus Barbie avec sa milice los novios de la muerte qui sévit pendant les années 1970. Elle fut financée par la CIA et les narcotrafiquants boliviens et prendra part au coup d’Etat qui installe le gouvernement de Luis Arce-Gomez avec une répression qui fera 25000 disparus[11].

Les Etats Unis firent de même  au Chili contre Salvador Allende pour y placer le Général Pinochet. Le 11 sept 1973 au Chili: un coup d’Etat militaire aura été le début de la conquête Etats-uniennes, néo-libérale, impérialiste et militaire, de l’Amérique latine, puis du monde. La CIA a ainsi été l’instigatrice, d’autres coups d’Etats (Argentine, Brésil, Uruguay..) visant à placer au pouvoir des dirigeants d’extrême droite bénéfiques aux intérêts états-uniens[12].

La guerre accroît les dépenses de l’Etat et les profits des entreprises. Elle permet la prédation des richesses d’un autre Etat, d’une autre région ou d’une autre ethnie. Le génocide des juifs a permis au régime nazi de s’accaparer les richesses des familles déportées. La guerre  des Etats-Unis contre l’Irak a accru les bénéfices de l’industrie privée d’armement des Etats-Unis notamment. Le financement des deux camps de la guerre civile par Elf au Congo-Brazzaville, en Angola, a accru les profits de marchands d’armes (tel Falcone)[13].La vente d’arme par la France et les Etats Unis notamment aussi bien à l’Iran qu’à l’Irak, durant leur longue guerre, a permis aux vendeurs d’armes de s’enrichir. De manière générale, l’extension des conflits dans le monde profite aux vendeurs d’armes. Ainsi,  la carrière politique de Jacques Chirac a été lancée par le marchand d’armes Marcel Dassault[14].

    La guerre extérieure vers un Etat étranger vise généralement des objectifs  géostratégiques Les guerres ont parfois un motif économique et politique indirect. Lorsque les gains économiques ou politiques directs sont très faibles, alors les opérations humanitaires par les armées sont quasiment inexistantes. De très nombreux conflits et massacres des populations sont commis dans des dizaines de pays, sans même que l’opinion publique mondiale soit informée. Par exemple au Congo-Brazzaville, cette guerre a fait des centaines de milliers de morts et officiellement la France n’était pas présente et les médias n’ont quasiment pas fait part de cette guerre[15].

La France conserve une base militaire au Tchad qui est, lui aussi, situé au cœur de l’Afrique et qui permet d’accéder à de nombreux pays connexes, comme le Soudan (le pétrole du Darfour), le Cameroun (bois), la Centrafrique…

En 2008, durant la tentative de coup d’Etat, elle a donc soutenu militairement le dictateur Idriss Déby, afin de conserver notamment cette situation[16].

S’il n’y a pas de motif économique, il est rare qu’il n’y ait pas un motif politique. Soutenir un pays, c’est aussi s’assurer un allié supplémentaire dans les organisations internationales, son vote à l’Assemblée générale de l’ONU et dans d’autres de ses agences. De plus les guerres et le développement du terrorisme permet aux puissances militaires dominantes (USA, OTAN, France…) de pénétrer des zones et de s’y installer durablement, afin d’y consolider leur influence et leur maîtrise.

Financer chacun des deux camps offre l’opportunité de gagner à tous coups. Cela peut se faire dans le cadre d’élection politique ou bien durant une guerre en finançant les armes des deux camps, Elf finançait les deux parties en conflit dans la guerre civile angolaise qui opposait depuis 1975 le gouvernement et un mouvement rebelle, l’UNITA[17].Le fait d’entretenir la guerre entre deux camps en leur vendant à chacun des armes, pour les diviser et les affaiblir, va permettre au financeur de s’enrichir et d’asseoir son pouvoir, comme l’a fait notamment la France durant la guerre Iran-Irak[18].

Les milices privées permettent notamment de faire la guerre par procuration. Lorsqu’une armée ne veut pas faire la guerre directement, elle peut s’appuyer sur différents moyens. En faisant appel à des milices privées, ou des mercenaires, l’armée officielle ne peut être tenue pour responsable des actes illégaux commis[19]. Les armées privées (appelées « sous-traitants » par le Pentagone) représentent 10% des effectifs américains envoyés en Irak. En France, pour les projets liés à la France Afrique, on privatise temporairement des membres de l’armée ou des services secrets, afin de dégager notre pays de ses responsabilités. En louant les services d’armées privées, les états n’auront plus besoin d’entretenir en permanence une armée nationale dont l’utilisation effective n’est que ponctuelle. Avec la croissance de l’insécurité se banalise l’existence de polices et milices privées, pour les résidences ou les quartiers les plus riches. Le développement de l’économie libérale contribue à présenter l’idée d’armées privées comme un moyen de diminuer le coût des armées tout en améliorant leur efficacité. Cela permettra aussi aux grandes multinationales (Total, Shell…) de défendre directement leurs intérêts dans le monde.

Financer chacun des deux camps offre l’opportunité de gagner à tous coups. Cela peut se faire dans le cadre d’élection politique ou bien durant une guerre en finançant les armes des deux camps, Elf finançait les deux parties en conflit dans la guerre civile angolaise qui opposait depuis 1975 le gouvernement et un mouvement rebelle, l’UNITA (Global Witness, 2003)[20].

Le fait d’entretenir la guerre entre deux camps en leur vendant à chacun des armes, pour les diviser et les affaiblir, va permettre au financeur de s’enrichir et d’asseoir son pouvoir, comme l’a fait notamment la France durant la guerre Iran-Irak (Vershave, 2003).

Durant la guerre de sécession, de 1861 à 1865, aux Etats Unis, les banques Rotschild attisa le conflit. Entre 1860 et 1861, leur agent Georges Bickley fit pression en faveur des Etats Confédérés, tandis que deux autres de leurs agents, « J.P. Morgan » et d »August Belmont », soutenaient les camps opposés, les sudistes. La banque Rothschild de Londres  finança discrètement les Etats du Nord (Les confédérés).. et celle de Paris finança les Etats du Sud. Cependant, après la guerre, en 1862 et 1863, le Président Lincoln, qui avait compris leur manœuvre, refusa, de rembourser les intérêts à la banque Rothschild. En représailles, Lincoln, fut assassiné le 14 avril 1865, par John Wilkes Booth, sur l’ordre des Rothschild.

Le procédé est classique et peut se résumer ainsi.

– Attiser les conflits discrètement en s’appuyant sur ses propres agents, qui ne révèlent pas pour qui ils travaillent.

– S’enrichir par la vente d’arme

– Passer pour le sauveur vis à vis du camp des vainqueurs et s’en faire un nouvel allié, utile pour ses futurs profits économiques.

 

Les accords de défense et la coopération militaire (officiels et cachés) limitent la transparence démocratique. Il existe différents accords passés secrètement entre Etats, tels la France et des pays d’Afrique. Ces accords étant inconnus des citoyens et même des parlementaires nuisent à la démocratie, car ils ne peuvent être contrôlés et ne sont pas transparents. Entre la France et certains pays clefs, les accords de coopération ont pris la forme d’accords de défense contre toutes sortes d’agressions, avec des clauses secrètes prévoyant la protection des dirigeants ou leur exfiltration en cas de danger[21].

Le financement des services secrets s’avère parfois illégal, même dans les Etats de droit. Les services secrets français et états-uniens notamment, souhaitent souvent disposer de budget plus conséquent. Or, les gouvernements et les parlements ne sont pas toujours disposés à répondre à leur requête. De plus, certaines actions, du fait qu’elles sont classées « secret défense » (de manière légitime ou non) peuvent difficilement être rendues publiques et défendues auprès des parlementaires. Ainsi, Verschave explique qu’une partie des actions des services secrets français notamment est financée par du commerce illégal d’armes, de pétrole, de drogue. Par ailleurs, certains présidents africains ont été chaperonnés par un colonel de la DGSE, soi‑disant chargé de sa sécurité, et de multiples conseillers français. Par exemple, tous les conseillers du « président » ivoirien Houphouët‑Boigny étaient français[22].

 

Le secret de la raison d’Etat est  la boite de Pandore contre la transparence démocratique. Au-delà du financement des services secrets, les Etats, sous le  motif de la raison d’Etat, classent « top secret » certaines affaires. Le fait qu’il faille parfois, pour des raisons de défense nationale invoquer le « secret d’Etat », engendre un biais très préjudiciable dans la transparence de la démocratie. Si au départ, les motifs sont légitimes, ensuite, la pratique se développe et les élus, ou les administrateurs de l’Etat utilisent le motif de la raison d’Etat pour dissimuler des éléments dont leurs citoyens devraient légitimement être informés. En 1989, par exemple, sous les motifs officiels de ne pas inquiéter la population, les français n’ont pas été informés à temps des retombées du nuage radioactif de Tchernobyl. En réalité, on peut supposer que le lobby militaro-industriel du nucléaire n’avait pas intérêt à laisser se développer une psychose autour du danger des centrales nucléaires.

De plus, on observe parfois une collusion entre les services secrets et les intérêts économiques privés. Maurice Robert, était chef de la sécurité d’Elf et ancien chef des services secret français en Afrique, pivot du réseau Foccart-Chirac[23].

Les Etats dit démocratiques, pratiquent parfois la désinformation et leurs polices commettent aussi des assassinats. Des policiers disent que certains d’entre eux ont été tués et découpés à l’arme blanche à Ouvéa par des Kanaks (FLNKS) preneurs d’otages, afin d’obtenir l’indépendance de leur  île. Le 22 avril 1988, Jacques Chirac, alors 1er ministre, tient un discours pour dénoncer ces « sauvageries ». En réalité selon Drevillon, la population Kanak a été agressée, tabassée, menacée de morts par la police, afin de trouver où étaient les preneurs d’otages. La vingtaine de preneurs d’otages ont alors tous été exécutés (balles  dans la tête), donc assassinés sans combat. Or, ils disaient vouloir négocier (l’indépendance de leur île), mais le gouvernement français ne le voulant pas, ces représentants préfèrent les faire tuer par la police. Le 28 avril 1988 Mitterrand est encore président de la république, et fait donc croire qu’il ne savait pas que le FLNKS voulait négocier (alors que le 20 avril c’était déjà dans les journaux)[24].

La police et l’armée font parfois usage de la torture et le cache. L’usage de la torture figure parmi les moyens les plus puissants des dictatures, mais aussi des pays qualifiés officiellement de démocratie, tels les USA, ou la France : la torture durant la guerre d’Algérie par la France, la torture durant la guerre d’Algérie par la France, les tortures infligées aux prisonniers de Guantanamo par le gouvernement états-uniens, par les armées des dictateurs d’Amérique du Sud formées par la CIA, ou les anciens militaires français tel le Général Aussares.

« Retourner » les opposants ou les assassiner permet aux Etats de briser les contre-pouvoirs. Une pratique fréquente dans les dictatures, mais qui existe aussi dans les pays dits démocratiques consiste à « retourner » les opposants ou à les assassiner. Un certain nombre d’opposants ont été assassinés ou ont été suicidés : Ben Barka,  André Kiefer en Côte d’Ivoire, le juge Borrel à Djibouti, Sylvanus Olympio en 1963, Thomas Sankara en 1988, Modibo Keita en1968, Amani Diori en 1974, etc.

Thomas Sankara, que l’on qualifie parfois de Che africain, était un grand espoir pour un renouveau socialiste en Afrique. Il est officiellement décédé de mort naturelle. Or, il fut assassiné le 15 octobre 1987, de 12 balles, dont deux dans la tête par des hommes au service de Brice Compaoré, son frère adoptif[25]. Les plus importants services secrets mondiaux, les anglais,  Mossad (Israël), CIA (Usa), DGSE (France), KGB (Urss) et les services de renseignements du Vatican, étaient présents sur le sol burkinabé, afin de veiller à la bonne marche de leurs intérêts. Ce fut  pour des raisons relativement proches  qu’au Congo Belge, Patrice Lumumba, a été assassiné, le 17 janvier 1961, afin de briser un mouvement socialiste qui risquait de se propager à toute l’Afrique[26].

La militante Dulcie September a elle aussi été assassinée dans des circonstances analogues. Mais «aujourd’hui, la France officielle n’a toujours pas fait la lumière sur ces évènements. Pour s’être mise sur le chemin de cette honteuse collaboration franco/sud-africaine au temps de l’apartheid, Dulcie l’a payé de sa vie. 20 ans après, se souvenir de son combat, c’est aussi réclamer la vérité en France sur son assassinat, c’est aussi se souvenir de ce dont sont capables, hier comme aujourd’hui, les réseaux français en Afrique »[27].

Les réseaux qui ont assassiné Dulcie September « s’appuyaient sur le milieu mercenaire de Bob Denard qui régnait à l’époque sur les Comores, et ne faisait jamais rien sans l’aval des services de l’État français. Le chef des « escadrons de la mort » sud-africains, Eugène De Kock, affirmera en 1998 devant la commission « Vérité et Réconciliation » en Afrique du Sud que « les deux hommes qui ont appuyé sur la détente étaient des membres de la garde présidentielle des Comores, l’un étant Jean Paul Guerrier »[28]. L’étendue des connexions franco/sud-africaines est attestée dans plusieurs enquêtes, tournant notamment autour d’un « homme d’affaire » français installé en Afrique du sud, Jean Yves Ollivier, au milieu d’une série de trafics d’armes entre Paris, Pretoria et les Comores, approvisionnant les guerres en Angola, puis plus tard le régime de Sassou N’Guesso au Congo, ou le régime rwandais du génocide[29].

La manipulation mentale renforce la domination sur autrui ou sur la société. Castoriadis tient un discours radical sur les méthodes de manipulation et de ses acteurs. « La fin de l’activité est déjà complètement déterminée dans l’esprit de l’agent : il s’agit d’éradiquer, dans l’esprit et l’âme du patient, toute trace d’un penser et d’un vouloir propres (…). Son savoir peut évidemment comprendre aussi une certaine connaissance des processus psychiques profonds, comme l’a montré Bruno Bettelheim dans son analyse des linéaments rationnels du traitement des prisonniers dans les camps nazis : il s’agissait de briser l’image de soi du prisonnier, de démolir ses repères identificatoires. Avant Bettelheim et indépendamment de lui, Orwell avait vu cela clairement et profondément dans 1984 »[30].

Dans le même ordre d’idée, Naomi Klein, dans son livre la Stratégie du Choc (2008)[31], explique que l’armée américaine a mis au point des techniques de tortures fondées sur le choc psychologique, comme l’on montré notamment les procès concernant les détenus Abou Ghraïb en Irak ou de Guantanomo Bay au large de Cuba. Ces méthodes consistent, par exemple, à réveiller les prisonniers en pleine nuit, à les frapper par surprise, à les torturer physiquement et mentalement. Cela va engendrer un état psychologique d’hébétude, de stupeur, d’insécurité, qui conduit alors les individus à être plus fragiles et à accepter plus facilement les suggestions ou injonctions.

Ces techniques s’inspirent des expérimentations techniques de contrôle mental des nazis, des expérimentations du Dr Cameron à l’institut de psychiatrie « Allan Memorial » dans les années 50, puis de la CIA durant les années 60, 70 (MK Ultra), visant au départ à faire avouer de force des prisonniers de guerre grâce à des chocs psychologiques et à des méthodes de régressions mentales. La CIA diffusa ses techniques dans les dictatures d’Amériques du Sud, tel que le Chili, afin de mieux contrôler et terroriser ses populations.

Naomi Klein explique, qu’au Canada, durant les années 50, dans le cadre du Projet Bluebird, au sein de l’institut Allan Memorial, le pavillon psychiatrique de l’Hôpital Royal Victoria, un docteur d’origine écossaise Ewen Cameron avait mis secrètement en place une technique dite de « confrontation psychique » du patient (généralement ayant des troubles mentaux), technique basée sur les électrochocs sur le corps, l’internement dans le noir, la soumission aux bruits et aux images entraînant la phobie générale de l’individu. Ewen Cameron croyait avec sa technique détruire les anciennes structures psychologiques du patient pour recréer un « homme nouveau », malléable mentalement grâce à son retour brutale à une infantilisation forcée. Les pratiques de Cameron furent dévoilées au cours des années 1970, lors de commissions d’enquêtes sur les services secrets des Etats-Unis. En 1988 un procès a été initié par 8 plaignants contre la CIA et le gouvernement canadien. Linda Macdonald, résidente de Vancouver, a été victime en 1963, des expériences du Dr Cameron. (Weinstein, 1990)[32]. En novembre 1992, le gouvernement canadien accepte de dédommager 8 canadiens, qui se sont partagé la somme de 750 000 $. Un document déclassifié de la CIA daté du 7 janvier 1953 décrit la création expérimentale d’une personnalité multiple chez deux filles de 19 ans. « Ces sujets ont clairement démontré qu’elles peuvent passer d’un état entièrement éveillé à un profond état H [hypnotique] commandé par téléphone, en recevant de la matière écrite ou par l’utilisation de code, de signal ou de mots, et que le contrôle des hypnotisés peut être passé d’un individu à l’autre sans grande difficulté. Il a été également montré par expérimentation avec ces filles qu’elles peuvent agir comme messagers involontaires pour des buts informatifs » (CIA,190684)[33].

Un des domaines principaux étudiés par la CIA, crée en 1947, était le contrôle de l’esprit. Officiellement, il s’agissait de faire face à l’essor de techniques similaires par les soviétiques, les chinois et les nord-coréenne. La CIA a lancé son premier programme en 1950 sous le nom d’oiseau Bleu (Bluebird). Le programme MKUltra a officiellement commencé en 1953 et clôturé en 1964. En 1973, informé de futures investigations, le directeur de la CIA du moment, Richard Helms a ordonné la destruction de toutes les archives Mkultra (Helms, 1953)[34]. Néanmoins ils en ont oublié quelques-unes unes, tel un mémorandum, déclassifié, de Hermans, le directeur général de la CIA en 1963, qui explique que le programme Mkultra (Mental Kontrol Ultra) concernait des expériences sur des « concepts impliqués dans la manipulation du comportement s’avèrent être pour beaucoup de gens dans et hors de l’agence [CIA] déplaisants et contraires à l’éthique. Néanmoins, il y a eu des accomplissements majeurs à la fois en recherche et en usage opérationnel. Au cours des dix ans de vie du programme, beaucoup de voies additionnelles au contrôle du comportement humain ont été désignées sous la charte MKULTRA, y compris les radiations, les électrochocs et les substances de harcèlement. Certaines activités soulèvent des questions de légalité implicite dans la charte originale. Une phase finale des tests met en péril les droits et les intérêts des citoyens des USA » (Hermans, 1963) [35]. …

Naomi Klein, considère donc, que le néolibéral américain Milton Friedman s’inspire de ces pratiques. Dans l’introduction de son livre Capitalisme et Liberté, Friedman, préconise un « traitement de choc » pour faire accepter des réformes néolibérales et impopulaires. Seule une crise entière ou imaginaire peut entraîner un changement profond » (Friedman, 1971)[36]. Une crise peut prendre des formes multiples, crise économique, guerre, coup d’Etat, attentat terroriste, catastrophe naturelle ou industrielle…

Utiliser la dette des Etats donne l’occasion d’opprimer une population (dettes d’oppression). « Les dettes d’oppression résultent de prêts contractés pour financer des activités humiliantes, agressives criminelles contre la population qui s’est endettée Il s’agit par exemple de prêts utilisés pour installer de facto, maintenir ou renforcer un régime dictatorial ou répressif, de fonds destinés à l’achat d’armes pour réprimer des soulèvements de l’opposition, de fonds destinés à la construction ou à l’intendance de centre de détention et de tortures ou de camps de concentration, de fonds destinés à la formation ou à l’entretien de corps militaires spécialisés entrainés à ces fins, etc. »[37].

Par exemple en Afrique du Sud à Sharpeville, en 1960, les forces de police ont réprimé une manifestation, ce qui se solda par 69 personnes noires mortes, 400 blessés et 11727 arrestations (Ramos, 2008, 81). L’année de la célèbre répression contre la manifestation étudiante de Soweto en 1976 qui  fit 200 morts, le FMI, appuyé par la Grande Bretagne et les Etats-Unis, fit un prêt de 464 millions de $, soit l’équivalent des ses dépenses d’équipement militaire durant cette année la [38].

L’Afrique du Sud, entre 1948 et 1991, a ainsi, mené une politique d’apartheid, c’est-à-dire qu’elle prônait la suprématie de la race blanche et exerçait sa domination et sa répression sur la population non blanche. Entre 1980 et 1993, on a calculé que les bénéfices légués aux entreprises étrangères qui ont commercé avec ce régime, notamment pour réprimer la population, s’élève à 41 milliards de $[39].

Parfois les banques n’hésitent pas à financer illégalement la répression des populations et le soutien aux dictateurs.  Bien que dès 1973, les Nations Unis aient qualifié l’apartheid, de crime contre l’humanité, la communauté financière a continué à concéder des prêts au gouvernement sud-africain. C’est majoritairement les fonds publiques, mais par l’aide bilatérale qui ont financé l’Afrique du Sud, en 1993, l’Afrique du Sud devaient 90% de ses aides extérieures à long terme à quatre pays : Etats-Unis, la France, l’Allemagne et la Suisse. « Durant toute la période d’apartheid, au moins 30 grandes banques et 230 de moindre envergure furent engagées pour financement du régime »[40]. Cette aide financière était réalisée en parallèle au  soutien des Etats-Unis, via la France, à la création de la bombe nucléaire sud africaine.

L’appui des banques fit l’objet de plaintes, notamment à New York, par les victimes de ce régime d’apartheid, en 2002, par l’apartheid Kumlumani Support Group. La plainte portait contre 21 banques et entreprises étrangères.  Parmi ces banques on compte Barclay National Bank,  Crédit Suisse, Deutsche Bank AG, Ford, J.P Morgan Chase (Bank) et parmi les entreprises BP, Chevron Texaco, Shell, et Total Fina-Elf pour la France. Une autre plainte avait été déposée pour le même motif, dès 1992, par d’autres victimes. Les banques soutiennent souvent les marchands d’armes, les guerres et la dette de guerre.  « Les dettes de guerre considérées comme illégitimes dérivent de prêts qui ont financé des plans belliqueux à des fins impérialistes (étendre la domination d’un pays sur un autre par la force) » à des fins d’annexion ou de conquête d’un pays, par le moyens d’opération de guerre[41].

Ce sont autant  les  raisons politico-idéologiques que  les causes économiques et militaires qui peuvent expliquer les dérives des pouvoirs et les inégalités actuelles mondiales. En particulier, le pouvoir politique exercé par les propriétaires des biens économiques (finance et moyens de production), (les capitalistes) domine largement le pouvoir politique des dirigeants des pouvoirs publics.  L’on assiste à une confrontation permanente de la gouvernance militaire, mais aussi économique, financière, idéologique, et celle des pouvoirs publics (nationaux et internationaux).

La dimension illégale vient donc renforcer les carences de la gouvernance non-démocratique, mais reste finalement secondaire au plan quantitatif, même si elle semble largement sous-estimée. Un délit, même petit et rare, commis par un élu du peuple devrait faire réagir les citoyens et les médias. Or, bien qu’en France, les élus arborent fièrement l’étendard de la démocratie, de l’Etat de droit, ces types d’exaction sont souvent passés sous silence. Lorsque ce n’est pas le cas, les médias ou l’opinion publique, considèrent alors trop souvent la faute comme vénielle.

 


[1]  NIETZSCHE Friedrich, 1976, L’Antéchrist (fragment 6) in Fragments Posthumes, Gallimard.

[2] PETRAS, 2001, p.114, op. cit.

[3] VERSCHAVE François-Xavier, 1999, La Françafrique, Stock.

[4] CORET Laure, VERSCHAVE FX., 2005, L’horreur qui nous prend au visage- L’Etat français et le génocide du Rwanda: rapport de la commission d’enquête citoyenne, Karthala, 586 p.

[5] LORENTZ Dominique, Affaires atomiques, Les arènes, 2001.

[6] VERSCHAVE François-Xavier, Noir Chirac, Les arènes, 2003.

[7] VERSCHAVE, 2003, op., cit

[8] Calatayud Roger-Vincent, Rapport de la mission d’observation au Tchad, d’Agir ensemble pour les droits de l’homme et de la FNUJA, du 4 au 11/02/1992.

[9] Caminade, 2003, Comores-Mayoette,  une histoire néocoloniale, Marseille, Agone.

[10] MEKAY Emad, “Le Tchad tient la Banque mondiale à sa merci”, Washington, 8 mai 2006,  Inter Press Service News Agency.

[11] LEVINE Michaël, KAVANAU Laura, 1996, Blancs comme neige, La drôle de guerre de la cocaïne, Dagorno,.

[12] PETRAS James, VELMEYER Henry, 2001, La face cachée de la mondialisation, L’Impérialisme au XXIe siècle, Parangon, p. 114.

[13] VERSCHAVE François Xavier, 2001, L’envers de la dette, Agone.

[14] VERSCHAVE, 2003, op., cit.

[15] VERSCHAVE, 2001, op., cit.

[16] LA CROIX, 2008.

[17] GLOBAL WITNESS, 2003, Les Affaires sous la guerre. Armes, pétrole & argent sale en Angola, par Global Witness, Dossier noir n° 18, Agone, 240 p.

[18] VERSCHAVE, 2003, op., cit.

[19]  RENOU Xavier, La privatisation de la violence, Dossier noir n° 21, Agone, 2005

[20] GLOBAL WITNESS, 2003, Les Affaires sous la guerre. Armes, pétrole & argent sale en Angola, par Global Witness, Dossier noir n° 18, Agone, 240 p.

[21] RENOU 2005, p. 319, op., cit.

[22] VERSCHAVE François-Xavier, 2000, Noir Silence, Les arènes.

[23] VERSCHAVE, 2001, p. 32, op., cit.

[24] Drevillon Elisabeth , 8 mai 2005, reportage télé « grotte d’Ouvéa :autopsie d’un massacre », France 2 et

CAILLETET Marie, Documentaire d’Elizabeth Drévillon (France, 2008) Télérama, Samedi 3 mai 2008.

[25] AFRIQUE EDUCATION, « La fin de Sankara », bimensuel international , juin 2007.

[26]  BRAECKMAN  Collette, 2002, Lumumba un crime d’Etat, Eden.

[27] ALAIN Mathieu, mars 2008, Il y a 20 ans Dulcie September était assassinée à Paris, Afriques en Lutte.

[28] LASKE Karl, 19/02/2000, « Des mercenaires français ont-ils tué Dulcie September ? », Libération.

[29] VERSCHAVE, 2000, p. 137 et 2003, p.199, op., cit

[30] CASTORIADIS Cornelius, Psychanalyse et politique, Passant n°34 [avril 2001 – mai 2001].

[31] KLEIN Naomi, 2008, La stratégie du choc : La montée d’un capitalisme du désastre, Actes Sud.

[32] WEINSTEIN, H. Psychiatry and the CIA: Victims of Mind Control. Washington, DC: American Psychiatric Press, 1990.

[33] CIA MORIID 190684, pp. 1-4. C’est un document déclassifié de la CIA traitant du contrôle de l’esprit. Pour vérifier la déclaration dans le texte, faites une demande FOIA (Loi de la liberté de l’information) ou, pour un accès gratuit et illimité de ces documents, consultez Black Vault, Government Archive : http://www.bvalphaserver.com/content-21.html . Aller directement au document CIA cité, pour la page 1 :

http://www.blackvault.com/documents/mkultra/MKULTRA2/DOC_0000190684/0000190684_0001.TIF

Pour la page 4 : http://www.blackvault.com/documents/mkultra/MKULTRA2/DOC_0000190684/0000190684_0004.TIF

[34] HELMS Richard, 3 avril 1953, Mémorandum au directeur général de la CIA, sur les programmes de recherche extrêmement sensible. http://www.blackvault.com/documents/mkultra/mkultra4/DOC_0000017748/0000017748_0030.tif

[35] HERMANS J. K., Inspecteur Général de la CIA,  26 Juillet 1963, MÉMORANDUM POUR : Directeur de Central Intelligence. http://www.bvalphaserver.com/content-21.html . Allez directement au

document CIA cité : pour la page 2 :

http://www.blackvault.com/documents/mkultra/mkultra4/DOC_0000017748/0000017748_0002.tif

[36] FRIEDMAN Milton, Capitalisme et Liberté, Laffont, (1962),1971.

[37] RAMOS Laura, « Dette illégitime en fonction de la destination des fonds », in CADTM (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde), Les crimes de la dettes, Syllepse, CADTM, 2008, p.79.

[38] RUDIN Jeff, 2003, “Odious debt revisited” in Jubilee South Journal V1, n°1.

[39] RUDIN Jeff, 2003, Op.Cit.

[40] RAMOS, 2008, p. 82-83, Op. Cit.

[41] RAMOS, 2008, p. 84, Op. Cit.

/ Thierry Brugvin, « Le pouvoir militaro-industriel contre la démocratie »

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